Mes vacances de petite fille

Voilà, la rentrée a eu lieue ce matin, avec le cœur un peu serré de voir ma grande rentrer au CP. Après un moment de trac, elle s’est vite rendue compte que son maître était très gentil, et qu’être dans la cours des grands était aussi intéressant.  Alors, les vacances écoulées me rappellent toujours, celles d’autrefois, mes vacances de petite fille…

Le plus lointain de mes souvenirs de vacances, sans vous donner d’âge précis car j’en serais incapable, est celui du Cros de Géorand.

Nous partions en famille avec mes parents et ma soeur. Le soleil  sur nos têtes,  il y avait la pêche, la baignade en rivière et ce long chemin de prairie pour y accéder. Je me souviens aussi de ces glaces au bar du village, des parties de pétanque, et du lavoir sur la place, où tout le monde venait vraiment « laver son linge sale » avec un gros bloc de savon de Marseille, dans l’eau glacée.

Ensuite, il y a ces vacances où nous partions en « tente caravane ». Je ne sais pas vraiment comment nommer cette chose un peu bizarre : un énorme coffre sur roues, accroché à l’attelage de la voiture que l’on dépliait une fois arrivés au camping. Cela se transformait en méga tente, avec 2 chambres ( véritables matelas n’est-ce pas…), un espace entre les 2 dans lequel des coffres gardaient nos précieux vêtements ainsi que nos victuailles. Nous avions aussi un grand salon/salle à manger/ cuisine, tout bien agencé par ma mère. Bref, une tente 3*** pour l’époque, elle était notre fierté, avec ses 12 m2 !!! 😉

Nous l’avons transportée durant de nombreuses années et dans des tas d’endroits en France. Nous partions en général pour 3 semaines, et je me souviens de ce compte à rebours dès lors que mes parents l’ouvraient dans notre jardin pour la remplir, faire les lits et la préparer à notre périple. Cette odeur si spéciale qui s’en dégageait, cette chaleur si intense là dessous, et ces calculs pour savoir si nous arriverions à tout caser dedans, puis nous lui passions de l’imperméabilisant. Ensuite, l’aventure commençait. Mon père au volant s’occupait du trajet, toujours, et des manoeuvres aussi- qui n’étaient pas aisées avec ce gros machin collé au train- mais ça quand on est gosse on ne s’en soucie pas.  Nous cherchions la fraîcheur au soleil… À notre Provence natale, nous lui disions au revoir, et nous partions « vers » une nouvelle destination. Sans but  vraiment précis, le tout était de partir, de changer décors. Nous pouvions faire 2/3 campings, si la place n’était pas à l’ombre, ou le camping trop bondé, ou encore à côté de voisins trop bruyants, nous continuions à chercher l’emplacement idéal. Et nous aimions bien avoir la rivière au bord… Le soir, après le repas, nous allions souvent à pied faire un tour au village manger une glace. Nos séjours ne dépassaient jamais 3 jours au même endroit, après avoir visité les environs.

Il y avait aussi ces jours et ces nuits de pluie, avec cette si marquante atmosphère qui règne lorsque l’on est sous la toile. Cette odeur de terre mouillée, ces jeux de société que nous faisions tous ensemble autour de la table pliante. Mon père veillait toujours à faire une rigole tout autour de la tente pour faire évacuer l’eau et heureusement…  Je me souviens aussi du montage de cette tente, avec ces tuyaux télescopiques, tous numérotés,classés. Nous nous y mettions tous pour la mettre en service et c’était un sacré machin quand on est petit !!

Finalement c’est de ça dont je me souviens le plus, ces détails, ces instants plus que les endroits. Comme la fois où nous avions trouvé des tonnes de trompettes de la mort et de girolles, ces rivières sur lesquelles nous allions avec un petit bateau gonflable- qui n’a pas bien duré-, ce sable dans la tente lorsque nous étions vers  la Dune du Pila, ces villages festifs avec ces odeurs de friture, ces vendeurs de glace sur les plages, les petits trains, les vêtements pratiques que ma mère nous avait confectionné pour l’été. Et puis ces nuits avec ma soeur – car nous dormions dans le même « grand » lit-, qui avec sa lampe torche tentait vainement de lire sous la couverture sans qu’on l’entende, nos peurs des bruits nocturnes, ou nos fous rires étouffés.

Par la suite une petite chienne rousse nous a rejoint dans nos périples. Elle aussi a participé à la mémoire de ces souvenirs de vacances en tente caravane, a aboyer au moindre passant ou au moindre bruit pendant la nuit, à la table de camping qu’elle a retourné plusieurs fois, aux casses têtes pour qu’elle ne nous empêche pas de dormir, et aux colères de mes parents, qui trouvaient sans doute-et je les comprends aujourd’hui- qu’avoir un chien en camping n’est pas très commode…

Mes vacances de petite fille

Bref, entre temps, nous avons fait plusieurs fois aussi la descente de l’Ardèche en canoë… sur 2 jours avec « la bande », les amis de mes parents. Nous faisions un bivouac la nuit, en dormant à la belle étoile, hommes/femmes/enfants, tous par terre les uns à côté des autres, avec couverture et bâche en plastique par dessus pour nous protéger de la pluie-s’il y avait- et servait d’isolant thermique. Quelle épopée !

Mes vacances de petite fille

 

Mes vacances de petite fille

Il y a eu aussi  toutes ces années où nous faisions des séjours d’une semaine dans les Alpes à Vars les Claux, dans un studio que mon oncle nous prêtait. L’hiver pour skier, l’été pour promener en montagne. Paysages magnifiques, soleil frappant… encore…

Et puis l’Italie. Je me souviens de 2 séjours, le premier chez des « cousins », avec une maison avec un salon de coiffure au rdc , odeur entêtante de produits, de cheveux coupés, et d’un canapé 1 place dépliant! La Tour de Pise, les marchands de verrerie, les fontaines, la chaleur, le monde… Et Venise en hiver, pluie, fatigue de marcher, mon père qui me portait sur son dos, du Vaporetto pour aller à Murano et  de la chambre qui sentait le moisi, celle dans laquelle nous logions le soir.

Finalement, nous avons rarement loué des maisons, ou des gîtes, c’est arrivé quelques fois sans doute, mais je n’en ai pas retenu beaucoup de souvenirs…

Après cette période, nous avons commencé une autre phase, celle de la maison en Ardèche. Après cette acquisition, nos vacances n’ont plus jamais été les mêmes.

Nous y allions durant les vacances, les week-ends, tout le temps. Il faut dire que cette maison vieille de 300 ans, en pierres volcanique avait besoin d’un sérieux coup de jeune. Mon père, déjà bricoleur dans l’âme,  s’en est vraiment donné à cœur joie! Tout a été refait à l’extérieur comme à l’intérieur, et depuis…plusieurs fois.! Mais quand je dis mon père, il ne faut pas non plus oublier tous ceux qui ont mit la main à la patte! Ces personnes qui ont travaillé avec lui, et je pense en premier à ma mère. Et oui on a beau être une femme, s’occuper des enfants, d’une famille, et ne pas avoir peur de mettre les mains dans le ciment. Ma sœur a aussi appris les rudiments du bricolage qui la dépannent aujourd’hui  pas mal,  et d’autres membres de la famille ont au départ bien aidé… Pour ma part à 12 ans, j’aimais bien bricoler, toutefois… je préférais de loin aller à la rivière avec mon amie Normande qui passait aussi ses vacances en Ardèche chez ses grands-parents. Notre petit hameau abritait durant les vacances une tripotée d’enfants. Aussi le matin j’aidais aux travaux mais les après-midi je laissais faire les grands pour partir à la découverte des rivières et plans d’eaux environnants enfourchant, mon vtt ou marchant dans les sentiers étroits. L’Ardèche fut pour moi un véritable terrain de découverte et de » vacances bonheur ».

C’est là bas que ma mémoire olfactive a imprimé des odeurs marquantes, les associant à des moments particuliers de ma vie. Les Genets, les Châtaigniers, les Fougères abondantes, et cette odeur de poêle à bois que l’on mettait en route dès notre levé, et qui ne s’éteignait que tard dans la nuit (durant l’hiver, mais aussi par les froides journées d’été). Et cette odeur si typique qui émanait de chez notre voisin agriculteur…Il élevait à l’époque des chêvres, pour faire des fromages d’un autre monde!

Cette odeur de châtaignes rôties, sur le poêle, mais aussi, celles des stylos, des livres et des cahiers d’école, car je devais -lorsque nous y allions les week-ends- me plonger dans les devoirs avec je dois le dire, beaucoup beaucoup de mal… La concentration n’y était pas du tout, je voulais rejoindre les ruelles de mon hameau, sentir encore cette nature débordante et dévorer le paysage qui s’offrait à moi.

Je me rappelle aussi de mon père qui s’attelait aux travaux et la culpabilité me saisissant quand je le voyais rentrer dans la maison chercher quelque outil, ou vérifier si j’étais toujours occupé. Il y avait l’odeur du béton, la poussière recouvrait son visage, et son essoufflement trahissait ses efforts. « Ça va papa?…. »  « Ouai, dis, t’as pas vu le mètre par hasard ?? Tu viendrais pas me donner un coup de main, j’ai besoin de quelqu’un qui me tienne la poutre pendant que je la fixe…!!! » « …Heuuuu oui oui, j’arriiiiive !!!! »

Bref, pour en revenir aux mois d’été, après avoir passé quelques semaines avec mes parents à bourlinguer, je partais 2 semaines en colo! Ahhh les colos… les copains, les copines, les activités, les voyages, j’ai plein de souvenirs des colos… Mais je me rappelle surtout des impressions. Ce manque de mes parents les premiers jours, puis ça allait mieux, puis  re-le manque lorsqu’un moment compliqué se présentait. Il y a eu des fois ou j’écrivais à mes parents de venir me chercher… La honte !!! Je partais presque toujours avec la même copine,  et nous nous en faisions d’autres sur place. C’était la liberté, un peu troublante, un peu flippante parfois. Les repères…il n’y en avait plus.  Mais un fabuleux terrain de jeux et d’expériences ou l’on apprenait à vivre en groupe, à être autonome, et où les amis ont ensuite laissé leur place aux lettres de correspondance…

Puis il y a eu l’arrivée du petit copain, et là, les étés se passaient avec lui, ainsi que nos parents respectifs ou les amis !!! 😉 Mais…c’est une autre phase…

Voilà , c’était l’instant nostalgie.

Du bon temps à l’époque, je ne regrette rien. Les moments que je vis aujourd’hui sont tout aussi beaux, ils sont simplement différents. Mes étés, mes vacances, ont été des étapes très importantes dans l’apprentissage de la vie, et je ne vous dis pas tout, mais ça vous vous en doutez…. 😉

 

♥♥♥  Des bisous à tous!!  ♥♥♥

 

 

2 thoughts on “Mes vacances de petite fille

  1. Oh dis donc, tu aurais pu éviter de me « vendre » en parlant de la lampe pour lire le soir !!
    Enfin, je trouve que tu as une excellente mémoire et j’ai plein de souvenirs qui surgissent moi aussi !
    Merci pour ce flash back…
    bisous bisous ma soeur